Pleurer des rivières à quoi ça sert

 

Besançon [remplacer par la ville de province de votre choix] ? Il fait froid, il fait chaud, il pleut, il fait du vent à Besançon. À Besançon à côté de la préfecture à droite dans le jardin il y a des canards et des bancs. À Besançon les bancs sont à l’écart, entre les bancs et les gens il y a un écart qui laisse la place aux poussettes. Les trottoirs calibrés accompagnent les gens des magasins à pôle emploi. Le regard de la rue neutre, absent, voilé, en d’dans, a changé à Besançon. Depuis peu quelque chose en plus est là lors d’échanges de regards furtifs. Ça doit être à cause des événements. À Besançon tu baisses la tête pour marmonner à voix basse. Si tu lèves la tête tu aperçois des silhouettes derrière les fenêtres. Tu peux leur dire salut eh oh salut dis donc du monde aujourd’hui non? T’entendre répondre, non, d’une voix gentille, concernée d’une jeune fille que tu connais, c’est un petit samedi de fin de solde.Tu marches, tu regardes, tu penses, tu prends les passages piétons et même si tu es un usager vulnérable et que tu as la priorité regarde ou tu mets les pieds quand tu veux traverser. La ville on l’aime ou on la quitte. On la critique et on y revient. Tu manges, tu bois, tu danses, tu dors, tu recommences c’est ce qui fait vivre la ville. Si y’a pas les gens, la ville elle s’éteint toute seule. Qu’est-ce que tu veux faire en ville si y’a personne ? Elle s’ennuie la ville sans les gens. À Besançon, le Doubs est une rivière. Toutes les rivières se jettent dans l’océan. On a jamais vu l’océan trop plein repousser les rivières.

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