O+O

Visages et photos.

 

De face et en noir et blanc. Une petite fille pieds nus donne à manger à une chèvre. Je porte la belle robe du dimanche mes cheveux sont lâchés.

 

Debout un homme noir tient dans ses bras un petit paquet de linge blanc. À la manière de le tenir on sait que c’est un enfant. Il est sur le seuil d’une maison face à un photographe à qui il sourit. L’enfant c’est moi. Le petit oiseau c’est elle.

 

Le bas de mon visage, du bas du lobe de l’oreille à la ligne qui passe sous le nez jusqu’à ma bouche en comprenant le menton, cette partie-là s’est étalée et prend une forme rectangulaire. Ce qui avait une forme ovale s’est transformé sur le bas. Je finis par avoir une mâchoire carrée. Je finis par ressembler à ma mère.

 

Une photo ou je tiens attachée sur mon dos, à la manière de ce pays où l’on porte  attaché sur le dos retenu par un grand morceau de tissu les enfants en bas âge qui de ce fait accompagnent les mouvements des femmes dont les mains libérées exécutent des tâches à elles seules attribuer. Cette poupée est bien trop grande pour représenter un bébé. C’est celle qui est restée dans un pays rouge mis à feu et à sang paraît-il. Je vous crois. Je suis bien obligée.

 

 

 

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