Papier siouplait

 

L’envers d’un décor. Les toits les gris foncés. Les cheminées leurs casques. Les nuages la couleur du ciel. Les avions les traits blancs. La pluie les arcs-en-ciel. Les voitures et l’air qu’elles fendent. Les variations des accélérations et l’humeur que je prête au conducteur. L’impatience ou le ronronnement mécanique de l’attente. Le moteur de la ville. Les premières fenêtres en partant du ciel. Quelque chose bouge encore sur les balcons du linge et des tapis. Des objets et des humains. Combien d’objets par êtres humains ?

 

Les voix. Les voix libres des conversations à deux. Les timbres plus forts des conversations à téléphone. Les fenêtres des trois étages en face. Un parquet un lit deux places une couette blanche et le matin tôt une fenêtre allumée. Le jardin de la maison à droite. Des timbres de voix mélangées, des volumes de conversations propres aux apéros qui s’étirent.  Chacun amène une bouteille, un truc à manger. On piochera. Oui 20h00 c’est bien. Et des lumières des lampions comme avant comme les guinguettes comme les anniversaires dans les albums de Martine, comme après la guerre qu’on était soulagés, qu’on savait profiter qu’on avait moins mais qu’on savait partager, qu’il n’y avait pas encore l’obsolescence  programmée. Comme avant.

 

Des immeubles dans le fond sur le ciel ça s’allume et ça s’éteint ça passe et ça revient. Ici c’est chez moi maintenant.


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